Rebondir : les nouveaux parcours de ceux qui réussissent 11/2015

REBONDIR : LES NOUVEAUX PARCOURS DE CEUX QUI RÉUSSISSENT   

 

Tel était le thème de la dernière conférence débat organisée par le GEC le 23 novembre. L’intervenant, Bruno Chaintron, est  Président fondateur depuis 2010  de Group for One,  un cabinet qui accompagne des dirigeants dans la réinvention de leurs rôles et de leurs modèles stratégiques. Auparavant il a construit sa carrière, en rebondissant à plusieurs reprises,  dans le conseil en stratégie durant 6 ans  puis comme cadre dirigeant dans les services, en alliant l’international, le développement des RH et le business. Il est l’auteur de l’ouvrage  « Coaching : pour changer avec plaisir » aux éditions d’organisation en 2006.

 

Trois constats

–          Rebondir aujourd’hui est plus complexe qu’hier. Les choses ne sont plus aussi prévisibles qu’avant comme le montre malheureusement l’actualité récente marquée par les attentats

–          Rebondir quand on se place du point de vue de l’entreprise est également  délicat. Ainsi, choisir le « bon » candidat est complexe et les « erreurs de castings » de plus en plus coûteuses (20 à 30% de la masse salariale)

–          Le besoin d’agilité et de sens devient prégnant et conduit à la nécessité d’inventer pour rebondir

 

Quand la frustration et l’ennui sont au rendez-vous

En France les entreprises n’apportent pas suffisamment d’appui aux salariés qui à un moment donné éprouvent de l’ennui, de la frustration, de l’inquiétude, de la colère  dans l’exercice de leur fonction.  Ces ressentis peuvent être liés à une évolution d’organisation dans l’entreprise induisant un appauvrissement du poste  ou au sentiment de ne plus être nourri, au besoin de vivre de  nouveaux challenges.

 

« Scotchés » entre 2 jobs

Aujourd’hui, beaucoup de cadres sont « scotchés » entre deux jobs et la définition du poste d’après n’est pas prête. L’entreprise très focalisée sur les enjeux court terme ne prend plus le temps d’anticiper et va au plus simple qui peut être de se séparer de l’intéressé (e). C’est donc à chacun de prendre en main son destin.

 

Jean et ses projets plein les poches  

Jean responsable commercial ne se sentait plus nourri suffisamment dans son travail. Il a décidé de se former. Apprendre lui a apporté un ballon d’oxygène et lui a redonné de l’énergie. Ainsi il a eu l’idée de proposer à la DRH de son entreprise un projet de formation pour les salariés.

En échange de sa pro activité on lui a proposé un nouveau job. Tout en exerçant celui-ci il a continué à développer son projet de formation en partenariat avec  l’université où il s’était formé. Celle-ci l’embauche comme directeur de département  mais quelque temps plus tard une réorganisation se traduit par la suppression de son poste. Heureusement en  parallèle il avait réfléchi et formalisé un projet entreprenarial qui était abouti quand il a négocié son départ.

 

4 conditions de réussite pour rebondir

  1. 1.       Donner du temps au temps : Le désir plus fort que la peur

Se donner du temps pour retrouver le lien avec ce qu’on aime faire, pour faire naître un désir supérieur à la peur. Une fois formalisé on peut commencer par décrire son désir à son entourage, ce qui permet de le préciser, voire de l’élargir. Puis on peut en parler à un auditoire plus large. Attention toutefois à ne pas en dire trop, trop vite, à trop de monde.

  1. 2.       Créer des projets alternatifs au projet de carrière traditionnel

Ce dernier ne suffit plus. Deux types de projets : les projets de développement personnel (se former par exemple) et les projets de développement business qui eux-mêmes se déclinent en deux types :

–          Une personne en poste pourra « fabriquer » un projet  intrapreneur qui va consister, en sortant du cadre de sa définition de fonction, à rechercher ce qui pourrait être utile à l’entreprise et congruent avec soi.  Elle se donne ainsi plus de chances de sauver son emploi dans l’entreprise.

–          Une personne en transition professionnelle va créer son activité par un projet entrepreneurial.

  1. 3.       Explorer l’inconnu avec beaucoup de curiosité

Si on n’a pas d’idées de projet, il est utile d’échanger avec d’autres : Plus on bèche, plus les racines sont profondes et le projet sera fort

  1. 4.       Rester fidèle à soi-même et à ses valeurs

C’est la clé pour rebondir de manière durable et satisfaisante.

 

Créer le rôle juste ou le  trèfle à 4 feuilles 

Réussir à Rebondir avec réussite et plaisir  signifie concilier les 4 feuilles du trèfle à savoir :

–          Soi en tant que personne : ses compétences et  ses motivations.

–          L’entreprise : sa stratégie et ses valeurs  ou les besoins du  marché quand on est en transition

Inventer/proposer des activités « sur mesure » par rapport à soi et utiles à l’entreprise/au marché donne du sens au travail, permet de rebondir en étant vues sous un autre angle plus favorable.

 

La conférence débat s’est terminée par des témoignages de cadres actuellement suivis par le GEC ou ayant retrouvé un emploi.

Ils indiquent trouver dans le GEC à la fois la possibilité de prendre du temps et recul, de bénéficier d’une écoute attentive,  bienveillante et aussi exigeante pour mettre à plat leur parcours, se réapproprier leurs réalisations. Etre inscrit au GEC fournit aussi l’opportunité  de sortir de chez soi, de ne pas être isolé et de faire du réseau avec d’autres cadres lors des ateliers « Les mercredis du GEC » ou lors des conférences puisqu’ un cadre a retrouvé un emploi en échangeant avec un intervenant lors de la précédente conférence GEC sur l’ESS.

 

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