interview

Interview: Le Portage Salarial

 

Le GEC a rencontré Joël Magnet, Directeur de la Société de Portage Salarial ACLYS

Le GEC : Le portage salarial se développe. De quoi s’agit-il précisément et quel est son intérêt ?

JM : De par la structure du marché de l’emploi, les cadres sont de plus en plus souvent sollicités pour des missions. Se pose alors pour eux la question de la facturation et de la structure administrative et juridique. Le portage salarial apporte une solution souvent intéressante dans la mesure où elle allie le statut de salarié à une totale souplesse dans la relation avec le client de la mission et une grande simplicité administrative. Concrètement, la société de Portage Salarial signe un contrat de prestation de services, embauche le cadre comme salarié dans un cadre statutaire précis puis adresse une facture d’honoraires au client.

Le GEC : Qui fait appel au portage salarial et pourquoi ?

JM : Différentes catégories  de cadres : bien sûr les seniors en recherche d’emploi, mais aussi les débutants, consultants et formateurs, ou souhaitant une activité complémentaire ou à temps partiel. Le portage leur apporte une solution très personnalisée, libérée des contraintes juridiques, fiscales, comptables, avec un soutien permanent et donc permet de se focaliser sur l’activité commerciale et la réalisation des missions. Le portage est souvent une ouverture vers un poste en CDI ou une carrière de consultant.

Le GEC : Je suppose qu’il existe des contraintes.

JM : En effet, le portage salarial ne peut s’appliquer qu’à des activités intellectuelles exercées en totale autonomie, sans lien de subordination avec le client et ne concerne pas les professions réglementées, de négoce ou de service à la personne.

Le GEC : Vous nous avez parlé d’un cadre statutaire précis. Qu’en est-il exactement ?

JM : Après un certain vide juridique, la loi 2008-596 du 25 juin 2008  a reconnu officiellement le Portage Salarial (articles 1251-64 et 8241-1 du Code du Travail). De même la circulaire 2011-33 de l’UNEDIC en a précisé les conditions d’indemnisation pour les salariés. Sur le plan contractuel, la mise en place d’une solution de Portage comporte 3 étapes : une Convention de Portage entre l’entreprise de portage Salarial (EPS) et le salarié, qui fixe le cadre permanent, puis, pour une mission donnée, un Contrat de Prestation de services entre l’EPS et le client et un Contrat de Travail avec le salarié. Ce contrat est celui qui est le mieux adapté à la mission , CCD ou même CDI.

Le GEC : Comment s’effectue le règlement financier ?

JM : Le salarié établit chaque mois un rapport d’activité et perçoit un salaire net, conformément au contrat signé et à cette activité. L’EPS adresse au client une note d’honoraire qui couvre ce salaire et les charges salariales et patronales, les frais de l’EPS, les frais éventuellement engagés pour la mission (déplacements, informatique,..) et les prestations…/. éventuellement payées à des tiers (frais d’études par exemple). Il est à noter que le salarié peut également bénéficier de l’ensemble des droits à la Formation.

Le GEC : Quelles sont pour vous les raisons du succès du portage salarial ?

JM : Tout simplement le fait que, dans de nombreux cas, cette solution apporte des avantages significatifs pour le salarié porté tout comme pour le client de la mission et qu’elle correspond à un vrai besoin dans le contexte actuel du marché du travail et de l’emploi.

 

 

 

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